Le meilleur ami

Madeleine était épuisée, tout son corps tremblait sous le poids merveilleux de Georges, son amant depuis toujours, une belle pièce d’homme, son meilleur ami. Ce fut son premier quand à 16 ans il l’avait déflorée par jeu, elle voulait savoir, comprendre. La vie, les circonstances et ses parents les avaient séparés, mais de tant à autre ils ne manquaient jamais l’occasion de se retrouver. Cela finissait toujours ainsi, il s’endormait en elle, il la possédait totalement.

Pierre Dupuis, ouvrit la porte avec difficulté, la clef semblait ne pas vouloir rentrer dans la serrure. Il pleuvait cette nuit-là et le retour avait été pénible. Les phares qui l’aveuglaient, les nuages d’eau qui battaient la voiture comme une mer déchainée, les essuie-glaces qui ne suivaient pas, une torture, plusieurs fois il s’était arrêté, dans une aire de repos. Il voulait pouvoir penser. 

Qu’allait-il dire? Carmen avait été intransigeante, il devait se déclarer aujourd’hui, sinon c’était fini. Il était si heureux avec elle, sa vie sexuelle était pleine, Carmen savait l’emmener au de là de lui même, elle n’avait aucune limite son imagination dépassait tout se qu’il avait jamais rêvé. Avec Marie sa femme, il y avait toujours quelque chose, la lumière, les voisins qui pouvait les voir, elle avait ses règles, les enfants allaient se réveiller, …

Georges, était sous la douche, elle était très chaude et cela ravivait son désir. Madeleine était une femme exceptionnelle, elle était sa meilleur amie, elle le comprenait, elle savait anticiper ce qu’il aurait souhaité mais surtout avec elle il était bien, il pouvait parler des heures ensemble. Il se connaissait comme frère et soeur. Avec Carmen, ils ne se rencontraient jamais. Leur mariage avait été une brillante cérémonie, sous le feu des médias évidemment. C’était leur interêt, leur célébrité en fut ravivée, pour quelques années seulement. Ils ne tournèrent qu’un seul film ensemble.

Il ne douta pas et se dirigea à nouveau vers lit.

Pierre complètement trempé, retira son imperméable et son veston. Il portait son holster à l’épaule, il hésita si le garder ou pas. Son métier conseillait de ne jamais le quitter, puis il y avait la scène qui allait suivre. Il ne se voyait pas déclarer à Marie qu’il avait une maitresse et qu’il voulait la quitter en tenue de travail. 

Qu’allait il dire?

Ce n’était pas une amante exceptionnelle, mais c’était une mère admirable. Ils avaient  eu deux jumeaux. Il en était si fier. C’était elle qui avait su les élever, elle savait être dure et sévère, mais aussi douce et caressante et lui qui par métier était si souvent absent. Quand Carmen tournait en Europe, cela pouvait durer des mois. Il monta à l’étage où se trouvaient les chambres. Il passa devant la chambre des jumeaux qui était entrouverte. Il jeta un coup d’oeil à la porte silencieuse de sa femme, il se rappela la naissance douloureuse de John et Jonatan. Marie avait souffert mille morts. Il ne pouvait pas l’abandonner ainsi.

Cette Carmen qui le dominait, l’emprisonnait par le sexe, elle ne pouvait pas lui enlever cela, cette famille pleine d’amour et de tendresse. Il regarda à nouveau les jumeaux dans leur chambre décorée comme un camp indien. Il sortit son pistolet et se rappela les jeux infinis que son arrivée en voiture déclenchait. Les attaques à la diligence, “paf, paf”, les coups de feu qu’il simulait pour se défendre de ses petits indiens tout peinturlurés et couverts de plume.

Soudain un cri prolongé et effrayant sortit de la chambre de Marie.

Madeleine ouvrit très fort les jambes, puis les resserra sur le dos de son amant pour qu’il pénètre au plus profond d’elle même. Son cri était interminable comme l’orgasme qui la secouait si terriblement. La porte vola en éclat, Pierre qui hurlait lui aussi déchargea les six coups de son pistolet dans le dos ensanglanté, déchiqueté de Georges Cloen. Le bras de Marie Madeleine Dupuis retomba inerte sur le lit, au flanc de son corps sans vie.

Jean Claude Fonder

Scènes de Western

Jolly progressait lentement bien que la faim tenaillât son estomac vide après une journée entière de voyage. La descente était difficile vers la petite ville de Fort Jackson, la pente était forte mais le chemin était large et sinueux, il déployait ses lacets sur les flancs des montagnes environnantes, la vue était majestueuse. Luke, le Stetson bien enfoncé sur les yeux pour se protéger du soleil contemplait les quelques baraques en bois qui composait cet ancien fort, aujourd’hui repaire d’une bande de hors la loi, les Daltons. 

Kathy, remonta sa culotte bouffante, réajusta son corset, tira ses seins au dehors et passa un peignoir grand ouvert qui découvrait généreusement sa poitrine opulente. Tout son corps perché sur des escarpins se balançait au rythme de chaque pas qu’elle faisait pour descendre les marches de l’escalier qui montait aux chambres que les filles du Saloon pouvaient utiliser pour y exercer le plus vieux métier du monde. Au son déglingué d’un vieux piano ces beautés pirouettaient entre les tables où les cow-boys, les chercheurs d’or et les hors-la-lois jouaient au poker ou cuvaient simplement le whisky frelaté que produisaient les patrons du bar et qu’ils vendaient comme s’il provenait des caves de quelque manoir écossais. 

Joe, Jack, William et Averell Dalton, surnommés les frères Dalton, assis à un table adossée au mur, se chamaillaient comme s’ils avaient encore 16 ans. Averell avait dégainé son Smith & Wesson à six coups. Il le secouait en hurlant sous le nez de son frère Joe qui demeurait impassible comme un statue du musée Tussaud. Kathy se précipita craignant une tragédie Shakespearienne. Elle attrapa Averell par les cheveux, enfouit son visage entre ses nichons et c’est à peine si elle ne l’étouffât pas sous les yeux hilares de ses frères.

À ce moment l’ombre de Luke pénétra dans le bar sous la porte à battant de l’entrée. Les quatre Dalton déchainèrent un feu d’enfer, la porte vola en éclat. Et quand, peu après, le shérif du lieu, qui portait au bout de son fusil le même couvre chef que le fameux chasseur de prime, s’encadra dans l’ouverture détruite, leurs armes étaient vides et la voix de Luke qui était derrière eux deux Winchesters dans ses mains retentit: «Hands up!».


— Joe, j’ai préparé  ton porridge, —hurla Cathy à l’extérieur de la porte. 

Joe Dalton enfermé avec ses autres frères dans la cellule  installée dans le bureau du Shérif, se réveilla brusquement, s’accrocha aux barreaux et interpella le shérif qui somnolait couché sur son bureau.

— ¡Billy! Réveille-toi! —Hurla-t-il. — Cathy m’a apporté mon déjeuner habituel.

— Blague pas Joe, on est pas au Ritz, ici.

— Allez Joe, ce sera le premier jour de ma vie sans mon porridge. Cathy est la dehors, ne le laissons pas refroidir.

— Tu exagère Joe, — intervint soudain Averell, en s’approchant, — moi je voudrais…

Joe sans prévenir lui donna un violant coup de poing dans l’estomac qui lui coupa le souffle. William lui plaqua la main sur la bouche et le tira en arrière où Jack également le maintint également immobile.

— Imbécile souffla William à son oreille.

Entretemps le Shériff avait ouvert la porte à Cathy emmitouflée dans une grande cape qui ne laissait rien voir de son corps qu’elle avait abondant.

Elle se précipita vers la cellule en portant sa grande casserole à bout de bras.

— Ouvre-moi. s’il te plait Billy, c’est très lourd. 

— Ne me prend pas pour un idiot dépose cela sur mon bureau.

Cathy obtempéra. Mais à peine le Shériff se pencha-t-il pour ouvrir la casserole, elle rejeta en arrière toute sa cape et tous purent admirer la splendide poitrine de la jeune femme bardée de pistolets. Elle dégaina un six coups avant que Billy eusse pu faire le moindre mouvement, tira en l’air et pointa la gueule de l’arme sur le front de l’homme étoilé, tout en jetant aux frères Dalton les autres ceinturons qu’elle portait.

Ceux-ci menacèrent aussi le Shériff qui savait qu’ils n’hésiteraient pas à tirer s’il n’ouvrait pas la porte de leur prison.

À cet instant plusieurs coups de fusils qui venaient de l’extérieur firent voler la fenêtre du bureau et criblèrent la cellule, Joe fut blessé à l’épaule et Luke entouré de plusieurs adjoints entra la winchester fumante à la main.


—Luke, tu peux me fouiller.

—Pas de problème, Cathy, je sais que tu es innocente.

—Eh bien, mon cher, tu ne sais pas ce que tu perds, j’en suis intimement convaincu.

La scène se déroulait devant la porte de Doc Bradley, où le pauvre Joe Dalton avait été installé dans un lit. Le pauvre homme avait été blessé lors de l’altercation qui avait précédé sa capture. Doc Bradley, qui était ivre toute la journée, comme tous les soirs, avait été remis sur pied par Luke à coup de seaux d’eau glacée. Personne ne le croira, mais sous la menace de la Winchester de Luke, il avait réussi à retirer la balle logée près de l’omoplate dans l’épaule de notre bandit. Ce matin, il était déjà mieux et bandé comme une momie, le Stetson placé sur le visage, il ronflait généreusement. Luke, assis à travers la porte, bloquait le chemin.

— Si vous me laissez entrer, je voudrais le soigner.

— Il dort, tu vas le réveiller.

— Les soins que je peux prodiguer sont inestimables, mon cher.

Elle  releva sa robe hardiment devant le blessé.

Celui—ci, sans hésiter, sortit un Derringer à deux coups qu’elle avait introduit comme un trésor dans sa plus tendre intimité.

« PAN !»

Un coup de feu fit voler l’arme hors de sa portée. Lucky Luke, rengaina, il avait tiré plus vite que sa pensée…


Jean Claude Fonder

El pintor de las ventanas

La Ventana
AZhivotkov Vladimir Vladimirovich (1970)

Le gustaba pintar ventanas, eran como un libro que le permitía evadirse.

Uno de sus primeros cuadros, un gran dibujo en blanco y negro, muestra a una joven vista desde atrás que observa desde un gran ventanal un campo de jóvenes árboles que se extiende ante la masa oscura de altas y opresivas construcciones industriales. Por supuesto, en la Rusia de Brezhnev, como en la de Stalin, los temas debían ser realistas y evocar el mundo del trabajo. Pero eso no le impedía soñar, su imaginación se escapaba con la de la joven.

Con el tiempo los súbditos se iluminan, un baile, unos pescadores que extienden sus redes junto a sus barcas que se tambalean sobre el río, el color aparece, algunas manchas primero y luego todo el cuadro será pintado con óleo, y por supuesto, las ventanas que nos hacen ver el mundo o cada vez más nos hacen soñarlo.

Con frecuencia algún objeto, frutas, una taza de café, un jarrón, flores, ramos de todo tipo, delante de una ventana le permitían evocar las escenas más diversas. Un camino que penetra en el bosque misterioso, el mar que se abre al mundo, hojas que vuelan arrastradas por la tormenta que se avecina.

Aquella mañana, el aire era azul, el cielo ampliamente despejado con esta frescura que, en la montaña después de la tormenta, nos abre el corazón, nos carga de energía. Esa mañana había recogido un hermoso ramo de flores azules y algunas margaritas inmaculadas. La montaña todavía manchada de un poco de nieve se miraba índigo a través de una pequeña cortina transparente que había añadido en la parte superior de la ventana. Terminó el cuadro entusiasmado, lo llamaría La ventana azul. Un azul que le recordaba esa Europa libre que se creaba a las puertas de ese telón de acero que comenzaba a agrietarse poco a poco. Empezó a tararear suavemente y luego más y más fuerte el Himno a la Alegría.


Jean Claude Fonder

La maison des fleurs

Das Landhaus
Abbott Fuller Graves (1859 – 1936)

Había tantas flores que ya no se veía la casa. Era la casa que mi tío Roberto había hecho construir sobre las estribaciones del Lago de Como. Databa de finales del siglo XIX. Los árboles, los arbustos no habían dejado de crecer y mi tío, que había creado el jardín, era su pasión, lo había querido contener. Se había convertido en un verdadero bosque virgen y, como si no fuera suficiente, había macetas de cerámica que se habían dispersado por todas partes. Cuando iba allí en pleno verano, la exuberancia estaba al máximo, el calor nos obligaba a regar sin parar, la temperatura era pesada, la humedad alcanzaba récords que se asimilaban a los de una región tropical.

En aquel momento estaba en plena adolescencia, me sentía en armonía con aquella naturaleza enardecida que no dejaba de multiplicarse, me embriagaba de los perfumes hechiceros que circulaban por toda la casa, me dejaba llevar por el juego de los colores que la naturaleza concertaba en este jardín maravilloso. No era el único, mi familia era numerosa, a los jóvenes les gustaba frecuentar esta gran casa.

— Lucas, ven a tomar un refresco con nosotras

Lucía y María, dos de mis primas, tomaban el sol junto a un pequeño estanque cubierto de nenúfares. Cuando me acerqué, ellas se enderezaron cubriendo con pudor sus pechos jóvenes que, temerarias, exponían en aquel cálido final de tarde. Me instalé junto a ellas en el refugio sombreado de un árbol con castas flores blancas, sobre la mesa había bebidas heladas cuyo perfume y sabor dulce desató la conversación. Pronto Lucía se inclinó tiernamente hacia mí y sus labios pulposos rozaron la esquina de mis labios para darme las gracias por un cumplido que no dudé en pronunciar hermosamente cuando al tomar su vaso soltó el velo que la cubría. María, por supuesto, no quiso quedarse atrás, y me pidió que comparara sus propias ventajas con las de su amiga. Me besó francamente cuando supe encontrar la fórmula que me permitió cubrir de elogios equitativos a las dos jóvenes diosas como si formaran parte de un famoso cuadro.

El final del día no se hizo esperar y nos dirigimos amablemente hacia las habitaciones del primer piso. Una escena bucólica, que, estoy seguro, un pintor algún día ilustrará.


Jean Claude Fonder

El tranvía de noche

En Milán los llaman Jumbo, eran tranvías enormes, el nombre estaba justificado, verdaderos vehículos blindados que se configuraban en dos coches interconectados con un pivote. Eran largos y anchos, podían llevar a mucha gente. En la línea 16, la que servía a San Siro, era muy necesario los días de partido. Otros días fuera de las horas pico, o por la noche el tranvía estaba más o menos desierto. El conductor se aislaba en su cabina, conducía y no se ocupaba en absoluto de lo que podía ocurrir dentro del vehículo. Con los espejos laterales, vigilaba las puertas para cerrarlas o abrirlas según las señales que se podían activar por medio de los botones de los colores apropiados.

La parte delantera del tranvía, era la parte civilizada, la frecuentación era la más normal, mujeres, niños, ancianos, el vehículo estaba limpio y ordenado, había menos hombres. En el fondo, el mundo era rock, rap o el nombre que quieras, es decir, asientos, ventanas estaban pintadas, llenos de desperdicios de comida, latas de cerveza y otras cosas, no era raro que el olor fuera insoportable.

Estábamos en Navidad, un viernes por la noche, no había mucha gente, hacia el final del primer vagón un par de personas mayores. El hombre era robusto y sano, hundido en un grueso abrigo, llevaba un sombrero de ala ancha, hablaba con su esposa pequeña, en traje de invierno, pantalones negros y chaqueta de piel, ella estaba sentada en la ventana, su pelo corto bien peinado no estaba cubierto. Detrás de ellos, al comienzo del segundo coche, dos adolescentes, vestidas de discoteca, escandalosamente maquilladas y con poca ropa a pesar del mal tiempo. No dejaban de tocar sus teléfonos y no prestaban atención a nada.

Tres chavales de la misma edad, todos de cuero vestidos, una botella en la mano, la cabeza rapada, uno de ellos la había coronado con una cresta de iroqueses de color amarillo, subieron por la parte trasera cuando el tranvía se detuvo. No tardaron a fijarse en las chicas.

— Dime belleza, tienes unas tetas bonitas —dijo burlonamente el de pelo amarillo, agarrando sin dulzura el pecho de la primera.

Ella se retiró bruscamente, su vestido se desgarró por completo, su amiga intentó cubrirla, el tío insistía manifiestamente borracho perdido, ambas gritaban al unísono.

Sonó un silbato estridente, el hombre con el sombrero se había levantado, su mujer aún tenía el silbato en los labios.

— Lárgate de aquí, pendejo.

El cabrón se levantó, rompió la botella que tenía en la mano, y avanzó hacia el hombre amenazándolo. En ese momento su mujer silbó de nuevo, el tranvía se detuvo bruscamente, el niño se tendió en el suelo. La puerta se abrió y el hombre empujó firmemente al tío ebrio a la calle, los otros dos huyeron con él. El conductor se acercó para ver si todo estaba bien, la mujer ayudó a la chica a arreglar como pudo su vestido, luego ella y su marido saludaron y se alejaron tranquilamente. No estaban lejos de casa.

Jean Claude Fonder

Valor

Inés nació en una pequeña aldea rodeada de viñedos y bosques. Allí seguía viviendo en la pequeña granja que heredó de su padre. Se casó con Felipe, un campesino muy atractivo, y de la unión nacieron dos hijos José y Martín. Cumplía con el rol tradicional de ama de casa. El trabajo era muy duro, se encargaba de la casa, de los hijos, de la comida de todos. Un día mientras cocinaba el almuerzo para todos los trabajadores del viñedo, de pronto llegó Martín llorando y gritando que su padre había sufrido un ataque cardíaco. Felipe murió trabajando en lo que más creía, sus pequeñas parcelas de tierra, cultivando un tipo de uva especial.

Ahora empezaba un período muy difícil puesto que en aquellos tiempos se consideraban actividades exclusivas y apropiadas para las mujeres todas las ocupaciones vinculadas al espacio doméstico, sin ser valoradas y debidamente reconocidas. Pero Inés, cuya madre había muerto durante el parto, estaba acostumbrada a enfrentarse a las dificultades y, a pesar de su profundo dolor por la pérdida de su marido, decidió que tenía que tomar las riendas de la granja. Sabía que su valor estaba en la capacidad de conocerse a sí misma confiando en sus recursos y capacidades. No fue nada fácil, como mujer, y además con dos hijos aún adolescentes. Todos los vecinos de la aldea trataron de desanimarla, diciéndole que tenía que ocuparse de los niños, de la casa y de la comida. Que mejor sería elegir a un agricultor del pueblo para que se encargara del cultivo, la vendimia y la venta de las uvas. O incluso mejor, casarse con un agricultor local. En pocas palabras, se necesitaba un hombre. No se dejó intimidar y continuó luchando por su granja; otras mujeres se unieron a ella. No consiguieron nada. Los hombres seguían teniendo el poder en sus manos.

En aquel período enormemente complicado quedó tan debilitada que pensó en abandonarlo todo, la granja, la lucha, incluso a los hijos. Su valor se había agotado. Así que ese día salió de casa, cansada, harta, las dificultades aumentando. Se fue a vagar por el bosque, estaba rodeada por nogales y robles, el viento movía las ramas y las hojas, soplando con fuerza. A lo lejos le pareció ver algo que yacía en el suelo. Se estremeció un poco, pero decidió acercarse para ver de qué se trataba. El cuerpo de un hombre estaba allí tumbado sobre el terreno del bosque. Parecía muerto, pero estaba durmiendo. Inés hizo un poco de ruido y por fin el hombre despertó y se levantó. Delgado, alto, llevaba una capa negra, la cara pálida. Mirando a Inés con sus ojos de color ámbar, le dijo: “Sé quién eres. Una mujer inteligente y luchadora, pero ahora veo que estás cansada y decepcionada. Necesitas desaparecer y descansar un poco. Puedo ayudarte. Entonces agarra mi mano si tienes el valor para ser invisible”.

 Así fue. Y sin preguntar nada Inés tomó la mano del hombre y se hizo invisible, supervisionando su granja, y entrando en las mentes de las mujeres ayudándoles a seguir adelante con valor.

Raffaella Bolletti

Un Héroe

En un octubre luminoso, hace muchos años, el verano no quería convertirse en otoño. No eran muchos los temerarios que se bañaban, pero en la playa no faltaban los fanáticos del bronceado. Sin embargo, estaba claro que era octubre: las llegadas ya tenían sabor a salidas, como cuando vas a despedirte del mar por última vez, mientras tu equipaje ya te espera en el coche.

Avanzamos por el muelle, sobre las grandes piedras que lo formaban irregularmente: era efectivamente incómodo para pasear, pero disfrutamos de ese último resto de verano, sorprendidos y agradecidos por el día soleado. El azul claro nos consolaba de la pasada semana sombría.

-¡Buenos días!

El anciano, de pie en la playa de donde partía el muelle, se apoyaba en un bastón, pero su voz era enérgica y amigable.

-¿Veis lo que significa envejecer?

Llevaba un sombrero alpino y estaba perdido en una chaqueta demasiado pesada que, en algún momento, debió de ser de su talla.

-Durante la guerra, con estas piernas, yo subía a los postes de alta tensión, con el riesgo de morir electrocutado, para cortar los cables eléctricos…- y agitaba su brazo libre, señalando aquellos pilones que tal vez todavía creía ver. -Y ahora, ya veis… tengo ochenta y cinco años… ahora me da miedo pasar por aquí, porque podría caerme y hacerme daño.- 

Pero su tono de voz era jocoso y lleno de simpatía, no quejumbroso.

¿Debíamos ofrecerle ayuda, quizás proponerle acompañarlo hasta el muelle? Pero parecía que solo quería charlar…

-¿De dónde sois?- Añadió, pero no nos dio tiempo de responder- No quiero haceros perder tiempo, solo os voy a contar una historia.

Pero teníamos todo el tiempo que él quería: ese día estábamos de vacaciones.

-¡Qué buenos chicos! ¡Realmente tenéis las caras hermosas!- Y nos estrechó la mano primero a uno, luego a la otra. 

-Pero ¿sabéis que la que estáis estrechando es la mano de un héroe?

Nos mostramos incrédulos, admirados. 

-Sucedió cuando estaba combatiendo en la guerra: había un chico al que, yo habría podido matar… 

Su mano agarró la mía con más fuerza, mientras su bastón golpeaba rítmicamente el suelo.

-Su mamá estaba allí, estaba llorando, creía que lo iba a matar. Pero yo vi que era casi un niño, y le dije en italiano: -ma vai, che non ti ammazzo mica! – y con estas manos lo liberé y lo dejé ir. 

Sus ojos volvieron a medir el obstáculo.

-No, no… puedo ver el mar desde aquí. ¡No quiero caerme y hacerme daño, tengo ochenta y cinco años, yo! Él sonrió. -¡Qué buenos chicos, os deseo mucha suerte!

Las palabras, las verdaderas, me faltaron: no los habituales «gracias» y «buenos días» que decía. Me hubiera gustado tal vez abrazarlo o llamarlo «abuelo». Pero tal vez él ya lo sabía.

Nos alejamos y nos volvimos para saludarlo con un gesto.

-¡Recordad, que le habéis dado la mano a un héroe! -nos gritó el soldado alpino, desde la orilla del mar.

Silvia Zanetto

Valor

Ese día era nublado y con viento, notó Marcos pero dado que era el último de las vacaciones, esa noche volvía a Madrid porque empezaba de nuevo a trabajar, fue a la playa. El mar estaba muy agitado con olas enormes y había poca gente. Cuando se había acomodado para mirar el sol, Monti, un niño muy chico que escapando a su padre estaba entrando en el mar y en ese momento una ola lo capturó y lo estaba llevando para dentro. Marcos, sin perder un segundo y con esfuerzo consiguió aferrar al niño y ponerlo a salvo. Los padres del niño no sabían cómo darle las gracias pero Marcos demostrando ser un bombero de valor y generoso dijo que no había hecho nada extraordinario, que cualquier persona lo habría hecho él estaba ahí y lógicamente salvó al niño, nada más. El padre del niño lo abrazó, se intercambiaron los nombres y apellidos él volvió a Madrid. Pasaron los años y Marcos se enfermó de una rara infección en los pulmones; el antibiótico che necesitaba venía de los Estados Unidos y era muy caro, pero non había ninguna otra solución, la cura daba buenos resultados y Marcos para pagarla tenía que vender la casa, pero no le importaba. Curando fue a la administración y pidió la factura vio que ya estaba pagada; quedó muy sorprendido pero vio escrita una fecha: 22 de agosto de 1974, firmado Manuel de Silva, era el niño que había salvado, era el director de la clínica y quería darle gracias porque salvando su vida, arriesgando la suya, le había dado la oportunidad de vivir.

Gloria Rolfo

Reflexiones

Ni soy valiente ni quiero serlo. Dicen que el valor es una virtud, y de hecho es una cualidad muy reconocida, pero yo creo que pudiera tratarse más bien de un complejo de inferioridad. La cobardía en cambio puede llegar a ser una ventaja. Y no nos equivoquemos, no es lo mismo ser cobarde que traidor. La cobardía nos exime de la necesidad de exponernos de forma inútil al peligro. En cambio, la traición supone un acto de pura deslealtad y egoísmo. No digo que tener valor no esté bien, pero mejor es ser cauto. Es más seguro vadear un río desconocido que intentar cruzarlo a las bravas. Aunque tardemos más. A la cobardía se la ha estigmatizado como deleznable, pero al fin y al cabo es otra forma de supervivencia. Porque de eso se trata: no de ser valiente, sino de sobrevivir. Como sea. No nos podemos equivocar.  La naturaleza no es compasiva. No sólo el valor y la fortuna cuentan como méritos. También la inteligencia. Y más inteligente es el que esquiva al león que aquel otro que se le enfrenta, que por algo se ha ganado el título de rey de la selva. Si aciertas, ganas. De la forma que sea. Y no es porque yo lo diga, es porque así sucede continuamente.  Lean si no los periódicos. No hay premio de consolación porque hayas sido bueno. Si te han vendido esa historia te han engañado. Tampoco hay premio para los perdedores.

Sergio Ruiz Afonso

¡La persona más valiente que conozco!

Hoy estamos celebrando: Cayetana cumple 60 años y hemos preparado una pequeña fiesta de sorpresa. Somos pocos íntimos amigos. 

Es una mujer a la que la vida siempre se lo ha puesto bastante difícil, sin embargo, sí ha conseguido salir adelante y, sobre todo, su mirada es risueña y trata esconder las palizas que la vida le ha dado, ¡pobrecita! 

Mide casi 1.85 y parecía destinada a ser una excelente jugadora de baloncesto. Por unos años hasta ha jugado a nivel profesional alcanzando unas cuantas medallas. Durante un entrenamiento, como a veces ocurre, se cayó rompiéndose una rodilla. Después de la operación los médicos estaban muy pesimistas. Si bien sí iba a poder seguir caminando sin ninguna dificultad, le tocó abandonar por completo las competiciones. 

¡No se rindió, ni se dio por vencida y comenzó a buscar trabajo en lo que fuera para ganarse la vida fuera del deporte! Al ser amigable y parlanchina, empezó como dependienta en una tienda. 

Parecía el sitio para ella: era capaz de brindarle excelentes consejos a todas las clientas, que salían felices y volvían buscando su asesoría. Tenía un don para combinar la ropa y escoger la prenda adecuada. 

La tienda, por culpa de las deudas del dueño, tuvo que cerrar, así que a Cayetana le tocó conseguir otro empleo. Mientras tanto, el padre fallece de un infarto y son dos duros golpes al mismo tiempo. 

No se puede permitir el lujo de estar en casa rascándose la barriga, así que consigue en una perfumería cerca de la casa. A decir verdad, le gustaba más vender ropa, pero ella es una mujer todoterreno y se adapta a los cambios.  

Ahora que tiene 60 años puede reflexionar un poco, sin dejar de pensar en su madre y sus achaques. Se siente sola. Sus hermanas están demasiado ocupadas con esposos e hijos para encargarse también de la abuelita enferma. 

La fiesta se acaba y los presentes leemos una carta para ella. La conozco desde hace años y es la primera vez que veo una lágrima surcar su rostro. Está emocionada con tanto afecto que por unos minutos se olvida de su madre enferma y disfruta de nuestra compañía.

El sombrero de Carito

Aquella noche

Esa noche, cuando volví a casa, yo estaba como vacía. Sin llanto, sin gritos, solo vacío. Me arrancaste una parte de mí. Esa noche volví a casa a eso de las 4 de la mañana y me sentí sucia y mala como si me hubieran castigado. ¿Es culpa mía? ¿La forma en que actué te hizo pensar que era un sí? ¿La forma en que estaba vestida, quizás? Me pediste que subiera, debí haber entendido lo que iba a pasar, pero te seguí. Subimos y me besaste, pero no me opuse… Me desnudaste, al principio pensé que quería, aunque mi cuerpo me hacía señas de que parara. Era débil contigo y lo sabías. Había bebido demasiado, no te conocía, pero nunca pensé que me harías pasar por esto. Empezaste a tocarme, no sabía cómo detenerte, así que me quedé allí, paralizada, incapaz de moverme, no me atreví a gritar, pero en el fondo sabía lo que me estaba pasando y sin embargo me quedé allí, impotente, ahogándome bajo tus manos que me sujetaban tan firmemente. No te dije que no. No sabía cómo. No es que me preguntaras si quería. Tenía 14 años, tío.

Bruselas, 6 de febrero de 2023

Ce soir-là

Ce soir-là, en rentrant chez moi, j’étais vide. Pas de pleurs, pas de cris, juste du vide. Tu m’as arraché une partie de moi. Je suis rentrée chez moi, ce soir-là vers 4h du matin, je me suis sentie sale et mauvaise comme si j’avais été punie. Est-ce que c’est ma faute ? Est-ce que la façon dont je me suis comporté t’as fait croire que c’était un oui ? La façon dont j’étais habillée peut-être ? Tu m’as proposé de monter, j’aurai dû comprendre ce qui allait se passer et pourtant je t’ai suivi. On est monté et tu m’as embrassée, je n’étais pourtant pas contre…Tu m’as déshabillée, au début j’ai cru que je voulais, même si mon corps me faisait signe d’arrêter. J’étais faible par rapport à toi et tu le savais. J’avais beaucoup trop bu, je ne te connaissais pas mais je n’aurai jamais pensé que tu allais me faire vivre ça. Tu as commencé à me toucher, je ne savais pas comment t’en empêcher donc je suis restée là, paralysée, incapable de bouger, je n’ai pas osé crier mais au fond de moi je savais ce qui était en train de m’arriver et pourtant je suis restée là, impuissante, en train de me noyer sous tes mains qui me tenaient si fermement. Je ne t’avais pourtant pas dit non. Je ne savais pas comment. Non pas que tu m’aies demandée si je voulais. J’avais 14 ans, mec.

Bruxelles, le 6 février 2023

 Il Salone del Mobile

¿Qué significa para mí la Feria del Mueble? Que mi ciudad natal, por una semana entera, se llene de extranjeros, en su mayoría diseñadores extravagantes y el metro siempre esté lleno de gente, que no cabe ni una aguja y que se me haga difícil regresar a la casa. Sin embargo también hay una nota positiva: intentar ayudarlos a ubicarse en las intricadas callejuelas de Milán y hacerlo en su idioma materno.

Por ejemplo, caminar tranquila rumbo a la universidad, toparse con una pareja de ancianos australianos que están desesperados buscando los servicios y entablar una pequeña conversación con ellos acerca de los viajes, de un país tan lejano como el donde han nacido ellos, acerca de su hijo que vive en Toronto y las cataratas del Niagara.

Intentar seguir el camino y que te interrumpa otra pareja, ya que te escuchó hablar en un “perfecto” inglés canadiense, intuir que son hispanos, preguntarles de donde son y, a su respuesta “¡México”! comenzar a hablarles en español. Esta vez la inquietud es acerca de de una zona de la ciudad (que ellos previamente saben que queda ahí cerquita) donde se come bien y hay unas callecitas minúsculas llenas de restaurantes.  La respuesta es ¡Brera! y darles instrucciones acerca de cómo llegar hasta ahí.

La conversación está a punto de terminar cuando les digo que no son mexicanos (por el acento es evidente que son del Cono Sur) y su respuesta es que tengo la razón: son uruguayos, aunque lleven muchos años viviendo en México y sí, les confirmo que tienen un ligero tonito de Cantinflas.

El sombrero de Carito

Mi Camagüey

Sabemos que Florida, y en particular la ciudad de Miami, está llena de cubanos que, por cercanía geográfica, llegan a los Estados Unidos en busca de un sitio mejor para vivir y poder criar a sus hijos. 

Como es de esperar, muchos de ellos tienen negocios, tiendas y discotecas que montan para sentirse un poco en casa. 

Hoy deseamos detenernos en un bar-restaurante que se llama Mi Camagüey ya que el dueño y gestor del mismo es oriundo de la “ciudad de tinajones”. Es una persona extremadamente amable, caribeño hasta la médula y, sobre todo, músico e interesado en la verdadera esencia cubana. El propósito de su discoteca es invitar a las orquestas para tocar en vivo y también que los clientes pasen un rato agradable. 

Siempre intenta contratar a los artistas emergentes para amenizar las noches. Este sábado se realizará un concierto donde se presentarán “María Mambo y su Combo”: es una muchacha encantadora que tiene una voz angelical y que, además de cantar, toca los timbales. Sueña con llegar al nivel de Tito Puentes y ser famosa como Celia Cruz. 

Se mueve con destreza en la tarima y los clientes de Mi Camagüey están conformes con el espectáculo. La orquesta es de altísimo nivel y todos bailan al ritmo de salsa. Se divierten y disfrutan de una noche inolvidable. No están en Cuba, sin embargo sí los ritmos de la isla repican en el aire.

El sombrero de Carito

De donde viene la música

No tenía el dinero para comprarse un piano. A fin de mes su sueldo y el de Yolanda servían para cosas más importantes: alquilar un departamento grande, mudarse cerca del centro, mandar a los chicos al colegio, vestirlos, pagar las cuotas del primer 2CV, de la nueva nevera con congelador incorporado, del tocadiscos Wincofon y de los seis LP del Clavicembalo ben temperato grabados unos años antes por Wanda Landowska. Tenía que pensar también en unas cortas vacaciones en alguna playa del Atlántico, tal vez en el camping El Pinar donde había conocido a Yolanda cuando el lugar era una extensión de médanos salvajes y los dos estudiantes. Por ese entonces él era un joven bohemio, un pianista nocturno que tocaba jazz por los arrabales de la ciudad, y en verano bossa nova en los boliches de la costa. En uno de ellos había encontrado a Yolanda. Se habían amado bajo la fosforescencia de las olas. Después, lo de siempre: casamiento, dos hijos, el trabajo, el abandono de la carrera y de sus aspiraciones musicales. Con el pasar de los años su temor crecía proporcionalmente al envejecimiento de sus articulaciones. La figura que por las mañanas le devolvía el espejo lo asustaba: un hombre cuarentón, demacrado, medio calvo, con corbata y ceño fruncido, que habría de perder para siempre la soltura y agilidad de sus manos si no encontraba una solución definitiva. No podía seguir tamborileando el Preludio de Debussy sobre la valija de cuero negro, se decía, mientras enfrascado en su rol de visitador médico esperaba que el profesional de turno se dignase recibirlo. Ni tampoco solicitar el favor de amigos o parientes que lo miraban desconfiados cuando se escabullía en la penumbra de los salones en busca de viejos pianos, generalmente verticales y desafinados. 

Fue así que un día decidió construir con sus propias manos un teclado. De los instrumentos a su alcance estudió estructura y proporciones. Hizo dibujos y diagramas, tomó notas precisas de la relación entre teclas, martillos y contrapesos. A pesar de las quejas de Yolanda el hombre terminó instalándose en el cuarto en la azotea, frente al galpón de las herramientas. Ahí trabajó durante meses y meses sin descanso, por las noches y en cada rato libre. Consumido por la pasión del teclado se desentendió casi de Yolanda y cuando bajaba las escaleras para ir a la cocina o al trabajo, atravesaba el vocerío de los chicos sin mayor atención. Y así, en aquel galpón serruchó tablas, limó maderas, martilleó clavos y tornillos, cortó pedacitos de fieltros rojos y verdes con los que hizo cientos de almohadillas. Con un soplete fundió trozos de plomo hasta obtener diminutos lingotes que atornilló al extremo de las varillas para lograr contrapesos. Y cuando las ochenta y ocho teclas estuvieron listas, cincuenta y dos blancas y treinta y seis negras, las asentó una por una sobre los balancines del chasis que había preparado de antemano y que, apoyado sobre dos caballetes, esperaba en el cuarto de arriba.

Este teclado sin cuerdas fue apodado en familia “el piano mudo.” Es donde mi padre, en mi temprana adolescencia, se ejercitó en partituras variadas para mantener, como decía, la agilidad en los dedos. Tiempo después, Yolanda y él se separaron. El hombre logró al final comprarse un piano verdadero. Cuando murió, encontré en el desván de su departamento una caja grande de cartón con el viejo teclado desmontado. Volví a mi hogar, al otro lado del océano, con algunas teclas en la valija y fabriqué con ellas una especie de escultura que hoy cuelga en la puerta de mi pieza. Cada vez que la miro siento algo que vibra, el eco, quizás, del hombre frente al teclado mudo que en aquel cuarto lejano sigue tocando Bach.

Adriana Langtry

Música

Yo tenía una hermana que era dieciséis años mayor que yo, ella era mi ídolo, era muy hermosa, y desde pequeña intentaba imitarla, me ponía su ropa, sus zapatos de tacones y jugaba con una amiga mía a ser damas.

Aunque a veces me regañaba porque le estropeada todo, me quería muchísimo y siempre me llevaba con ella cuando salía con sus amigos, tanto es así que me habían convertido en una especie de mascota del grupo y me llenaban de dulces y chocolate.

Además de ser hermosa, había aprendido a tocar la guitarra con un tío músico y cantaba con una voz muy agradable y afinada, a menudo entretenía con su música la familia y los amigos organizando veladas en nuestra casa, durante las cuales bailábamos teniendo mucho de diversión de una manera sencilla como  se usaba en aquellos tiempos.

Lamentablemente cuando yo tenía 11 años, ella se casó y se fue a vivir a un pequeño pueblo de montaña, como ella sufría mucho por la distancia de su familia yo pasaba todo el verano a su casa, dando largos paseos juntos y cantando todo el tiempo, a pesar de que yo era bastante desafinada.

Pasaron varios años, cuando yo ya tenía hijos y los suyos eran grandes, cada verano íbamos de vacaciones una semana ella y yo solas, durante el viaje en auto recuerdo que escuchábamos la música a máximo volumen, logrando charlar de todo.

El único problema con la diferencia de edad fue que en un cierto momento ella empezó a envejecer rápidamente, se olvidaba de las cosas, y ya no podía manejarse sola, traté de pasar el mayor tiempo posible con ella, pero ya no era la hermana que recordaba llena de vida y alegre, todos sufríamos al verla reducida a eso, lo que echábamos de menos era el sonido de su guitarra y su hermosa voz que nos animaba.

Pronto su vida terminó dejando un vacío que nadie podía colmar, por mucho tiempo ya no quise escuchar música  sin ella.

Aunque han pasado muchos años, si alguien pone música en el auto, me siento mal y lloro sin poder controlarme, non estaba preparada a perderla, me parecía que ella podría ser parte de mi vida para siempre.

Leda Negri

Música perdida y reencontrada

Ojalá me entendiera más de música, pienso. Podría apreciar mejor este concierto de Puccini que van a ejecutar para celebrar el centenario de su muerte, en una iglesia antigua, con una sillería de madera: una iglesia que nunca había visto, a pesar de que está en un pueblo bastante cerca del mío. Ojalá me entendiera más también de arquitectura, pienso. 

Llego poco antes de que el concierto empiece, pero como he reservado un asiento, me hacen sentar en la primera fila. Leo los títulos de los extractos de las óperas que van a ejecutar: son muy famosos, los conozco casi todos. 

Recuerdo que, cuando era una chica de la escuela primaria, mis compañeras de clase me tomaban el pelo porque yo solía escuchar discos de música clásica, en vez de las canciones de Mina y Celentano que estaban de moda en aquella época. Había aprendido a apreciar a Beethoven y a Mozart, a Vivaldi y sobre todo a Chopin -que mis amigas pronunciaban “Coppìno” para burlarse de mí- gracias a mi padre que cada día llenaba nuestra casa de conciertos, a través de nuestro antiguo tocadiscos de madera, de los que ahora ya no existen. Y con el tiempo, él logró hacerme valorar también la ópera, sobre todo la “Cavalleria rusticana” de Mascagni, que era su favorita… Y Puccini, por supuesto, que aprendí a apreciar con el tiempo. Yo ahora ya no tengo un tocadiscos, así que no puedo escuchar los discos, pero he decidido tener en mi casa todos los de papá.

Los músicos salen: estoy a unos 50 centímetros de los violinistas, un metro del director de orquesta. Entran el coro y la cantante principal, cuya voz aguda de soprano desde mi oído va a entrar en mi mente y en mis recuerdos.

Escuchamos, aplaudimos, nos emocionamos, estamos conmovidos: es una tarde especial para todos, pero sobre todo para mí: la música perdida que hoy se ha vuelto.

Silvia Zanetto

El cuarteto

Claude Lefebvre saluda, recibiendo un trueno de aplausos, acababa de ejecutar la pieza maestra de su repertorio El cuarteto nº15 de Franz Schubert. Mira con afecto a sus tres amigos que forman con él el famoso cuarteto que lleva su nombre, piensa por un momento en la cruz que había sido necesario llevar para llegar allí y saluda de nuevo.

Su conjunto lo habían formado al salir del conservatorio, tenían apenas veinte años, eran todos los cuatro jóvenes y guapos, dos chicas y dos chicos, dos parejas finalmente que adoraban salir, festejar, y encontrarse a la mañana siguiente con la cabeza pesada, encorvados sobre sus instrumentos para tocar siempre juntos las obras más importantes para formarse un repertorio a la altura de sus ambiciones.

Y funcionó mejor de lo que jamás hubieran podido imaginar, el éxito ayudando, firmaron un contrato con el  mayor sello de disco alemanas. En poco tiempo se convirtieron en uno de los cuartetos más buscados del mundo. Y ahí fue cuando comenzaron las dificultades.

No es fácil para dos parejas jóvenes vivir cada momento juntos, espectáculos, interminables repeticiones, y, además,  las celebraciones, porque la calidad engendra un éxito casi obligado. La intimidad, aparte de unas breves vacaciones, fue ampliamente sacrificada.

Marie-Angèle tocaba la viola, se conocían desde la infancia, se inscribieron juntos en el conservatorio, ella eligió este instrumento para poder tocar a dúo con Claude. A los 18 años se casaron. Fue la novia más bella que jamás conoció.

Charles era su mejor amigo, se conocieron en clase de violín, siempre estudiaban juntos. Él era probablemente el más atractivo. Tuvo el mayor éxito con la chica más bella del conservatorio, Jeanne, una violonchelista. Todos estaban un poco enamorados, ella era muy sexy cuando abría sus largas piernas para sostener el instrumento y su pelo cortado en casco le ocultaba la cara cuando se inclinaba para tocar una nota grave. No tardó en conquistarla y también él la convirtió en su esposa. 

— Claude, hazme bailar esta noche, Charles ha bebido demasiado.

Jeanne acababa de invitarlo, la noche había sido larga, habían comido demasiado y las copas de champán habían seguido a brindis para celebrar los veinte años del Cuarteto Lefebvre. La orquesta latinoamericana tocaba una de sus danzas en que los cuerpos deben pegarse. Claudia no pudo disimular su excitación y durante la noche, Jeanne fue a encontrarse con él en el salón que es adyacente a su habitación aprovechando del profundo sueño de su esposa. El deseo que desde hacía mucho tiempo sentía por ella despertó quizás en ella la concupiscencia.

Durante unas semanas intentaron lo imposible para multiplicar los momentos para verse. El drama no dejó de estallar, Marie-Angèle sospechó algo e interceptó las miradas que intercambiaban frecuentemente Jeanne y Claude.

Al final, todos se separaron y el Cuarteto quedó en un punto muerto. Tenían que cumplir sus contratos y no podían verse.

La relación que Claude tenía con Jeanne se marchitó rápidamente. Intentó volver a conectar con Marie-Angèle, pero ésta se negaba a encontrarse con él, le sugirió incluso engañarlo con Charles para compensar. Era ridículo, él lo sabía. ¿Pero qué hacer entonces?

¡La música! Todos la echaban de menos terriblemente, eran sobre todo músicos, y el nivel al que habían llegado tocando juntos, no podían alcanzarlo tocando por separado.

Los aplausos se intensifican, se miran sonriendo y vuelven a repetir el último movimiento.

Jean Claude Fonder